Les faits
La Loi (fillon) a été votée en 2003. Elle prévoyait une augmentation de cotisation en 2008 à 41 ans pour sauver le système par répartition, structurellement déficitaire. Tous nos voisins comparables ont allongé les durées de travail pour faire face à la fois à l'équilibre des régimes de retraite et pour tenir compte de l'allongement de la durée de vie. Cependant, la France se singularise par son incapacité à conserver un taux correct d'emploi des séniors..
Taux d'emploi des 55-64 ans (OCDE/2006)
Suède : 69,6%
Danemark : 60,7
Grande-Bretagne : 57,4
Allemagne : 48,9
UE (moyenne) : 45,4
France : 38,1
Italie : 32,5
Précisons que les chiffres de la France sont mécaniquement tirés vers le bas puisque l'âge de départ à la retraite intervient plus tôt...
Ce que j'en pense
Il faut soutenir la réforme responsable engagée en 2003 et combattre l'idée selon laquelle « l’argent » peut être trouvé ailleurs (on voit les effets pervers de cette attitude avec le financement du RSA pris sur d'autres budgets liés à d'autres solidarités). Pour s'en convaincre, il suffit d’écouter les mises en garde de l’Union Européenne devant l’état déplorable du niveau de la dette en France.
Il est toujours préférable de posséder des systèmes qui s’auto-équilibrent plutôt que de conserver structurellement des déficits non résolus qui s’aggravent dans une branche ou dans une autre.
MAIS...
Il est sans doute possible d’imaginer des fins de carrières « à la carte » pour laisser une plus grande place à la vie quand l’aube du troisième âge arrive.
Ainsi, le Gouvernement pourrait innover en prévoyant des statuts spécifiques pour les fins de carrière sur la base des pistes suivantes :
- diminution progressive plutôt que brutale des départs en inactivité
- incitation fiscale pour le maintien des séniors en activité
- dispositif de tutorat renforcé des plus jeunes par les séniors…
- temps libre pour aider les petits-enfants par exemple...
Enfin, je propose la mise oeuvre d’un système fiscal qui favoriserait les entreprises vertueuses sur le plan sociétal, de type « bonus/malus », basé sur une intégration des notes des agences de notation sociétale.
Ces dernières jugent les entreprises sur des critères sociaux, environnementaux et plus uniquement sur les seules logiques de ratios financiers ou de rémunération des actionnaires.
Concrètement : une entreprise qui conserverait dans son effectif les séniors plus longtemps, qui jouerait le jeu de la diversité (parité H/F, raciale, handicap), qui se préoccupe des femmes avec des jeunes enfants (crèche...) bénéficierait d'un allégement de charges et inversement.
Ce système aurait de plus l'énorme avantage de conférer aux entreprises un autre rôle à celui qui prévaut aujourd'hui : accroître le bénéfice, quitte à tout niveler vers le bas et à accroître les fossés entre les natis et les autres !
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